Olive Dorner

de Sherif Awad

Olive Dorner


-Mes parents ont choisi Strasbourg pour nous faire grandir, mon frère Léon et moi, dans un appartement qui ressemblait plus à un musée. Ma mère était infographiste, aime faire des aquarelles et du chant puis est devenue directrice d'une maternelle. Mon père est un photographe d'architecture perfectionniste et il joue de la guitare. Ils nous ont inscrit très jeunes, mon frère et moi au ciné club d'un cinéma indépendant et à des cours de théâtre. Je me fichais un peu des adultes, j'adorais le type espiègle comme Zazie dans le métro et j'étais amoureuse de Un Indien dans la ville - d'ailleurs j'ai son maquillage dans un prochain court métrage - il me donnait envie de vivre dans la forêt. Du coup j'aimais beaucoup L'enfant sauvage de Truffaut. Ado je faisais du hip-hop et j'aimais bien Jessica Alba.

-Devenir artiste, ça doit d'abord être une envie forte, un besoin, puis une détermination au travail. Selon les gens ce peut être régulier ou par phases... Je pense qu'il est parfois bon de prendre un peu de recul, de croiser différents arts. J'aime aussi danser, chanter, écrire, dessiner... Il est aussi important de travailler en groupe à mon sens. Je veux surtout vivre ma vie comme je l'aime et faire des choses que je sens vraiment, qui sont belles, qui poussent à la réflexion ou à l'évasion. Après ça fait plaisir de savoir que le message s'étend au plus de personnes possibles.

-Les défis liés au genre, oui, je m'assure de plus en plus qu'un rendez-vous soit professionnel, en posant assez de questions en amont. En arrivant à Paris je ne connaissais personne et j'ai rencontré les clichés, il est aussi arrivé qu'on me propose un rôle nommé "la copine" alors qu'il y a deux perso dans le court-métrage et que le mec a un prénom haha...

Olive Dorner

-C'est maintenant qu'il faut foncer après le déconfinement. Il y a certains avantages en France mais c'est pas toujours facile si on ne veut pas faire de figuration ni accepter certaines pub ou séries TV. Pour les nouveaux projets: je lis le scénario en entier, prend des notes, me documente puis il m'arrive d'écrire mon texte à la main. Ensuite je travaille dessus au maximum, même dans les transports. Si quelqu'un est dispo pour me donner la réplique, c'est top. Je suis très ouverte au regard extérieur et à la critique. Beaucoup de projets sont toujours en post-production et avec le confinement j'ai fais une pause. Trois courts-métrages en motion capture (3D) sont finis mais bien sûr, il faut attendre la diffusion en festival pour les montrer.  Je reviens du sud où j'ai tourné un petit court-métrage entre potes, là je débarque à Paris, j'ai juste prévu un casting pour Louis-Lumière. Aussi ça fait 5 ans que je mets en scène des spectacles de théâtre avec des collégiens du 93, je vais continuer à Paris cette année. Aussi une comédie musicale pour la FEMIS verra bientôt le jour.

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