LAURA RUCINSKA


par Sherif Awad

LAURA RUCINSKA



Laura Rucinska vient d’une famille des artistes aristocrates et des intellectuels polonais. Ces parents ont fui le communisme en venant en France. Malgré les difficultés imposées aux personnes n’adhérant pas au parti communiste polonais, elle a bénéficié de tout quelle avait besoin dans son éducation: sa famille a vraiment pris soin de celle-ci.
««Pour ce qui est de ma carrière d’artiste, j’ai d’abord été la muse de mes oncles et tantes qui faisaient les Beaux-Arts.»», se souvient Laura. ««Ils avaient besoin de modèles pour différentes créations et scénographies. Je dirais que l’art a toujours été dans mon cœur, dans mes racines, dans mes veines : c’est une évidence naturelle pour moi.»».
À travers de toutes les mises en scène qu’elle faisait, les parents ont remarqué chez Laura des talents de comédienne. ««Ils m’ont inscrit à des cours de théâtre, puis j’ai fait le conservatoire d’art dramatique, l’Actor Studio de Los Angeles, l’école de danse Isis Figaro, et des stages de jeu d’acteur à travers de techniques comme Stanislavski, Meisner, le clown Samovar, le maniement d’armes et cascades… Mais les personnages qui m’inspirent sont davantage dans la sphère philosophique et spirituelle : comme Gandhi, le Dallai Lama et Nelson Mandela… C’est Eux qui ont été et qui sont mes guides et mes soutiens. Le monde artistique est rempli de challenges … Il faut avoir des valeurs solides pour franchir tous les obstacles qui se présentent sur le chemin… Et si nous devions parler de sources d’inspiration : mon parcours d’artiste m’a toujours appris à trouver l’inspiration au fond de mon âme pour être dans la justesse... »»…
Pour Laura, les études sont importantes pour s’outiller et pour pouvoir travailler de manière professionnelle. Cependant, elles ne garantissent pas le succès. Les expériences professionnelles dans tous les arts sont également à considérer comme une école : elles vont permettre à l’artiste de parfaire sa technique… Ce qui garantit le succès est la volonté, la persévérance, et la capacité à se remettre en question pour toujours continuer à grandir. «« La célébrité n’a jamais été un objectif pour moi»», révèle Laura. ««Mon objectif a toujours été le bonheur du public : j’aime voire que grâce à mes créations, les gens sont heureux… Cependant, j’ai grand plaisir à travailler dans différents pays : j’adore voyager, et m’adapter à différentes mentalités pour travailler.

LAURA RUCINSKA

Mais y a-t-il des défis liés au genre par rapport à la profession auxquels elle est confrontée maintenant? Laura répond : ««Je comprends que la question soulève les débats d’actualité sur les comportements discriminants vis-à-vis des femmes. Je pense qu’aucun milieu professionnel n’est épargné et pour ce qui est de mon environnement professionnel cela dépend grandement du niveau d’éducation de la personne. Je dirais que les défis sont déjà relevés : de nombreuses femmes sont aujourd’hui artistes avec un niveau de responsabilité et de pouvoir très important : il faut juste que les médias grand public s’intéressent à les mettre en valeur plutôt que de mettre en lumière les discriminations… Pour ma part, j’ai bien sûr déjà reçu des propos ou comportements misogynes : je ne me suis jamais abaissée à ce niveau, il est trop bas pour moi… »»…

Mais quelle est la situation actuelle de l'industrie de l'art, du divertissement et de la mode dans La France maintenant, selon Laura Rucinska ?
Laura : La France est un pays très compliqué pour l’art, contrairement à ce que nous pourrions penser. Nous pouvons en avoir une lecture à plusieurs niveaux. Tout d’abord si nous prenons le peuple français : c’est un peuple très frileux, il aime voir et consommer ce qu’il connait. Aujourd’hui ce qui compte en France ce n’est pas de faire un truc génial : c’est de faire un truc qui est sponsorisé par suffisamment d’argent pour être vu par le grand public et donc consommé… Les médias grand public jouent également un très grand rôle : pour raconter n’importe quoi, manipuler la population, et dire au Grand Public ce qu’il doit penser, faire, consommer…. L’État est également un grand actuateur de la culture : ce qui est à la fois quelque chose de très bien, et de moins bien. C’est très bien car des petites structures qui dépendent des fonds publics peuvent donner un accès à la culture au plus grand nombre de personnes. C’est moins bien car pour garder leurs budgets renouvelés d’année en année de grandes structures actrices de la culture vont faire venir des troupes étrangères (comme ça il y aura des frais importants avec les billets d’avion, les hôtels…) pour avoir des dépenses importantes pour avoir des budgets importants renouvelés pour l’année d’après. Le copinage que ce soit dans la programmation culturelle ou dans le cinéma fait que le niveau artistique global de la France, comparé à d’autres pays, est très peu développé. Cependant, je dois tout de même dire que ce que je viens de citer plus haut ne concerne absolument pas les structures totalement privées et indépendantes qui vivent uniquement grâce à leurs entrées d’argent résultant de leur business. C’est dans ce sens que nous travaillons uniquement. Nous produisons nos propres créations, nous les vendons, nous en produisons de nouvelles, nous les vendons… Et en travaillant de cette manière avec une forte ouverture à l’international : c’est vraiment merveilleux de travailler en France avec ces français qui sont ouverts d’esprit et qui ont une forte sensibilité artistique et un goût de l’excellence.
- Comment Laura aborde-t-elle et recherche les personnages qu’elle vous jouez Quels sont ses projets actuels et futurs?
Laura : Avant de jouer un personnage je fais en sortes de le comprendre, de l’aimer : c’est la partie essentielle pour que je puisse être juste et surtout que j’ai envie de l’interpréter. Depuis de nombreuses années nous créons nos propres productions avec mon équipe : ce qui fait que nous avons plus de facilités à donner des rôles qui conviennent à chacun. Aujourd’hui je suis artiste dans différents domaines : je suis comédienne-Voix-Off, peintre-illustratrice, poète-chanteuse, modèle ; et je suis également chef d’entreprise. Je suis à la tête de La production des Abeilles Bleues, présidente de la compagnie les Étoiles de la Galaxie. je fais travailler 10 artistes que ce soit en France et à l’étranger, ainsi qu’une équipe de création et de technique. je souhaite que nous continuions à nous développer comme nous le faisons depuis plusieurs années, et que nous ayons une belle expansion à l’international.