ANAÏS IZAMBAY

par Sherif awad
Spécialement pour www.MeetingVenus.com

ANAÏS IZAMBAY


J’ai eu ma période « garçon manqué » comme beaucoup de jeunes filles, n’ayant eu que des frères à la maison. J’étais moins féminine qu’aujourd’hui. Les robes, talons et maquillage n’étaient pas trop pour moi. J’étais plutôt basket, casquettes, sac à dos et football. J’ai également fait de la natation et de la gymnastique ayant plus de temps qu’aujourd’hui. J’ai toujours eu cette passion pour le sport et la danse. J’étais très proche de mon père et en bonne relation avec ma mère également, bien que leur relation à eux n’aie pas toujours été rose. 

A cause de la télévision ! A l’époque, diverses émissions artistiques et de divertissement sont apparues. Je prends l’exemple de la « Star Academy», « Pop Star» ou de « Making the Band ».
Le fait de voir de simples individus devenir de grandes personnalités du jour au lendemain faisait rêver. Le fait de pouvoir montrer son talent sur scène, pouvoir le partager avec un large public et être connu dans divers horizons a commencé à m’intéresser. 

J’ai notamment été influencé par des stars telles que Michaël Jackson, Beyoncé, Ciara, Chris Brown que je voyais sur les chaînes MTV et MCM. Leur talent en chant mais surtout en danse m’a beaucoup marqué. Surtout Ciara qui avait ce côté masculin et féminin en même temps dans son style.

Après l’école j’étais également scotcher devant l’émission « Fan Club » présentée par Virginie Efira sur CLUB-RTL (chaîne de télévision belge). Cela m’a d’ailleurs mis la puce à l’oreille. Je savais déjà qu’un jour moi aussi je travaillerai pour la télévision. 

 Au niveau des études pour devenir artiste, je ne sais pas trop car j’ai plutôt fait des études de journalisme et de communication en parallèle de ma vie d’artiste. D’une part, j’ai plutôt suivi des cours de danse de différents styles (Hip-Hop, Ragga Dancehall, Afro), durant mon adolescence et une formation poussée grâce avec l’école de danse « Impulsion » située à Bruxelles. D’autre part, j’ai fréquenté le « Studio Mrg» et le « Lax Studio », étant aussi à Paris.

Un artiste accompli ça n’existe pas. En tout cas, en tant que danseurs on ne cesse d’apprendre au quotidien, par l’expérience. Pour ma part, grâce aux shows, figurations (pubs, clips), etc. Durant ces moments, on rencontre des gens, on travaille avec d’autres et cela nous permet d’échanger, de montrer ce qu’on connaît et de découvrir, s’enrichir grâce à l’autre.

Surtout en tant que vrai danseur (pas juste des réseaux sociaux). Il y a comme j’ai cité la formation qui nous donne un bagage important, il faut s’entraîner régulièrement pour connaître et comprendre son corps. De là, on aura plus de facilité à s’exprimer sur n’importe quel genre de musique.

Si un jour je parviens à être connue dans le monde entier, danser pour de très grandes célébrités, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas le plus important. La danse est un art qui me permet premièrement de me libérer et contribue à mon bonheur quotidien. Et quelques fois, c’est même une source de revenus. Bien que plusieurs m’aient encouragé comme découragé durant mon début parcours, parce que je suis encore loin de mon but. Une de mes victoires est qu’aujourd’hui mon travail paie. Et que plusieurs le reconnaissent et ont changé de discours me concernant.  

En ce qui concerne mon pays natal, l’art est mis en sourdine. Pour être plus claire, la Belgique est inondée de talent. Cependant, on le reconnaît souvent lorsque ceux-ci se font voir et considérer à l’étranger (Stromae, Shay, Damso, Hamza). La France les a reconnus avant la Belgique. En ce qui concerne les danseurs, La Belgique a très peu à offrir en ce qui concerne les métiers artistiques. Peu de propositions de figuration, de clip (ou très mal payé, ou payé 3 mois plus tard pour une somme négligeable.
En France, il y a des endroits dédiés à l’art qui ne trouent pas votre porte-monnaie.

Le 104, par exemple. On peut s’y entraîner sans forcément être pressé par le temps parce qu’une heure en plus sera payante comme en Belgique où quasiment toutes les salles sont payantes. D’où l'affût qu’il y a eu pendant quelques années dans les gares de Bruxelles-Nord, Bruxelles-Luxembourg. Comment voulez-vous évoluer correctement si vous préparez un énorme show sachant qu’une heure de salle coûte 3€ par personne/heure. Je vous laisse faire le calcul, si vous devez vous entraîner 5 fois par jour (3 heures) pendant un mois.

Cependant, la Belgique a évolué, il y a pas mal d’événements organisés et un grand nombre d’écoles de danse ont vu le jour ces dernières années. La France reste un pays à plus de facilité que la Belgique au niveau artistique.  Le pays est plus grand, il y a un tas d’agences, managers, propositions de projets, annonces.

Je cherche d’abord à savoir s’ils sont rémunérés. J’ai fait tellement de trucs gratuits durant mes débuts, alors que ça prenait de mon temps. Il faut savoir que tout travail mérite salaire. Parfois on néglige le travail du danseur mais il faut s’avoir que c’est un réel investissement. Ça demande du temps de répétitions, l’effort, le déplacement. Sans oublier le résultat. Tout ça doit être pris en compte, les remerciements ça fait plaisir mais ça ne paie pas. Surtout que beaucoup de ses projets (shows, tournages) il y a souvent du retard donc ça c’est énervant. Imaginez que vous êtes étudiant en parallèle, et que vos cours vous attendent après ça. 

Mon projet est en cours de construction. Je pense qu’il faut me reposer la question dans un an. J’ai donné cours mais en ce moment, je me concentre sur mes apparitions dans des clips, mes figurations dans des publicités et mes prestations (scènes, événements). 

Puis, je continue parallèlement à me former. Je dois aussi me concentrer sur la future place que j’aurai dans la télévision. J’ai décroché pas mal d’opportunités, suite à mes stages en tant qu’assistante de production, scripte et chroniqueuse en Belgique et en France.

Reste à voir si je vais me concentrer sur une seule chose un moment ou continuer à jongler entre mes différentes casquettes. La polyvalence c’est bien mais c’est parfois épuisant.