Martine Borg

Martine Borg

-J’ai vécu la plus grande partie de mon enfance et de mon adolescence à Gallargues-le-Montueux, un charmant petit village gardois. 
J’aimais m’y promener dans les rues tortueuses, livrant mon regard à la beauté de la vie quotidienne. Simplicité de cette vie à la campagne.  Fascinée par les vignerons qui prenaient soin de leurs pieds de vignes étalés sur des hectares. Ravie par les « bonjour », lancés presque à chaque coin de rue, avec ce bel accent qui, à lui tout seul, ensoleille votre journée. 


Actrice : une vocation pour vous ? 

Oui, on peut dire que c’est une réelle vocation car le parcours a été très long.  

Nîmes puis Montpellier m’ont ouvert leurs bras pour mes études. La première ville nommée m’a accueillie au lycée Montaury où j’ai été interne de la sixième à la terminale ; la deuxième, à l’université Paul Valéry. 

C’est au lycée que j’ai interprété mon premier rôle de théâtre lors d’un spectacle de fin d’année : « Mme Martin » dans « La cantatrice chauve » de Ionesco, suite à quoi j’ai été repérée et j’ai eu une première proposition de travail au sein d’une troupe de théâtre qui avait pignon sur rue. 

Mais, études obligent… 

J’ai obtenu des diplômes en Espagnol et en Portugais tout en menant de front un sport en nationale, à savoir du tennis de table. C’est l’Espagnol que j’ai choisi d’enseigner. 

Pendant dix ans, j’ai occulté le fait que je désirais être comédienne. Puis, au moment des orientations de fin d’année, un élève m’a demandé si j’avais toujours voulu être professeur… Un électrochoc ne m’aurait pas fait plus d’effet. Je n’ai pas dormi de deux nuits. Des questions me hantaient. Comment faire pour parvenir à ce que je souhaitais depuis longtemps au plus profond de moi ? 

Le rêve, c’était bien, mais le réaliser c’était encore mieux !

Une semaine après, j’avais un « book » sur les conseils d’un agent artistique. Puis j’ai commencé à démarcher  à grands coups d’appels téléphoniques et de rencontres. J’ai aussi pris des cours de théâtre classique au théâtre Montansier à Versailles. Je recevais, en ce lieu chargé d’histoire, les encouragements constants de mon professeur, Marcelle Tassencourt. Petit à petit, je me faisais connaître. Petit à petit je me disais qu’il fallait que je quitte l’enseignement pour pouvoir exercer ce métier qui me fascinait. 

Ma réflexion a duré… très longtemps, jusqu’au jour où, au vu du surmenage qui commençait à me ronger et à mettre à mal mon corps, le docteur m’a dit : « soit tu choisis un des deux métiers, soit tu n’es plus sur Terre dans trois ans. » 
Quoi ? Mourir ? J’ai vite choisi : je serai comédienne. 

Comédienne est un métier. On ne devient pas comédienne, on l’est. On a cette énergie de jeu en soi. On a cette volonté en soi. Cette soif de jouer. D’interpréter des rôles aussi variés les uns que les autres. A force de travail et de volonté, d’énergie aussi, je me suis vu confier tout d’abord des petits rôles, puis des rôles plus importants. Autant pour le cinéma que pour la télé, sans compter les pièces de théâtre, les spots publicitaires et les films institutionnels. 

Je connais, comme  de très nombreux artistes, une succession de hauts et de bas. Essayer de ne jamais se laisser gagner par le découragement lors des périodes « sans »… 

Parfois, j’assimile le parcours des artistes à celui des personnages de jeux vidéo qui ont sur leur chemin des embûches à répétitions. Qui s’articulent autour du bon vouloir et des exigences du joueur. En subissant ses humeurs, son envie de jouer ou pas. Ses volontés. Sans ne pouvoir dire mot. Et tout en étant bien obligé de répondre à ses désirs. Sans ne pouvoir agir autrement. Etre le jouet du marionnettiste. Qui tire les ficelles. Qui fera que l’on parviendra à sauter les obstacles tout au long du parcours. Ou pas. Et à atteindre son but. Ou pas. 

Prendre les choses comme elles viennent. Ne pas s’énerver. Essayer de ne voir que le positif. Gommer ces mini-aspérités de la vie sans réelle gravité. Atténuer les points noirs. Laisser dire. Laisser faire. Ne pas donner prise. Laisser glisser. Et avancer. Prendre comme ça vient. Sans mot dire. Sans maudire. Lâcher prise… Ne pas se ronger les sangs… Laisser la pollution mentale à distance… Et faire son chemin… Tourner la page pour écrire la suivante. Et les suivantes. En lettres de soleil…

J’ai été très honorée lorsque Jean Becker puis Patrice Leconte m’ont proposé de faire partie de la distribution de « Bienvenue parmi nous » et de « Une heure de tranquillité ». Quelle joie ! Le Luxembourg aussi m’a mise à l’honneur dans la première série de leur histoire, « Weemseesdet », série dans laquelle j’ai obtenu un rôle récurrent.  J’ai aussi été sollicitée par la Belgique. Je suis même allée tourner un spot  publicitaire à Dubaï. 
J’adore voyager, alors conjuguer mon travail et les voyages, c’est un pur bonheur. 

Je ne regrette absolument pas le choix que j’ai fait. Je suis heureuse dans mon métier et c’est ça qui est important, même si ce n’est jamais gagné. Un casting, c’est le concours le plus difficile au monde : il n’y a qu’une seule place au bout du compte. 

Martine Borg

Pour aborder les travaux proposés:
Mémoriser, comme le pensent beaucoup de personnes, n’est pas suffisant. La première étape de l’apprentissage est certes la mémorisation, qui, à mon avis, représente seulement vingt pour cent du travail, et encore... Et après, pour s’oublier et être vraiment le personnage, chaque intonation, chaque geste est important. Il faut déjà posséder le texte, se l’approprier. C’est l’âme du personnage qui doit s’incarner en nous, en nous imposant ses mots, sa façon de penser, d’être. Qui doit se diffuser tout doucement en nous, se glissant et prenant place au creux de notre sensibilité, de notre vécu… S’infuser… Puis de là, naît une gestuelle. Jusqu’à être le personnage qui prendra vie à l’écran.

Actrice, mais aussi auteur, non ? 

Effectivement : insatiable, je me livre depuis deux ans à l’écriture. J’ai publié mon premier roman « Les perles de l’oubli » fin 2019 et ai deux scénarii de longs métrages à proposer. J’ai aussi écrit quelques épisodes d’un programme court, mi-documentaire mi-fiction, sur le thème du manque de respect dans notre société : vaste programme… 
Et si je peux rajouter autre chose, j’ai créé une ligne de vêtements qui dort sur le papier pour l’instant. Quelque chose d’innovant.


Un dernier mot ? 

Pour conclure, je ne saurai que trop inciter tous ceux qui ont des rêves, à les concrétiser. Pour se réaliser. Pour se rapprocher de soi. Pour être soi. Pour vivre. 
 

Pour suivre mon actualité :              www.martineborg.com
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